Témoignage de Capucine

Capucine est étudiante en 1ère année de médecine vétérinaire à l’Université Autonome de Barcelone. Son parcours exemplaire, fait de rigueur en classe préparatoire, et de courage pour s’expatrier, est inspirant pour tous ceux qui envisagent de tenter leur chance à l’étranger.

Un parcours scolaire exigeant

Avant de fouler les allées de l’université barcelonaise, Capucine a suivi un parcours particulièrement difficile. Elle a intégré une classe préparatoire BCPST à Toulouse, qu’elle a menée jusqu’à son terme en trois ans. C’est dans ces années de prépa qu’elle a appris à travailler dans la souffrance, ce qui lui a permis d’acquérir des bases solides dans disciplines aussi exigeantes que la biologie, la chimie, la physique ou encore les sciences de la Terre. À l’issue de ces trois années, elle a intégré une école d’agronomie. Mais Capucine a changé de cap et décidé de se tourner vers les études vétérinaires en Espagne. Cette année-là, elle a préparé et passé les épreuves des PCE (Pruebas de Competencias Específicas) indispensables pour intégrer une université espagnole.

Pourquoi Barcelone ?

La sélection de Barcelone n’est pas le choix du hasard. Capucine est montpelliéraine et la proximité géographique à la frontière de sa patrie a été un critère déterminant. La ville des catalans est à quelques heures de voiture, ce qui lui permettra de rentrer plus aisé et plus fréquemment que si elle optait pour une destination plus lointaine. Mais la proximité géographique n’est pas seule en cause : l’Université Autonome de Barcelone figure dans le classement des 25 meilleures universités au monde, un sérieux atout sur un CV. Seule ombre au tableau signalée par Capucine ? Le catalan, la langue régionale de Catalogne, s’est en impose un défi supplémentaire, et non des moindres.

Les épreuves des PCE : moins difficiles qu’on ne le croit

Une bonne partie des étudiants français redoute les PCE, mais Capucine veut rassurer : après une prépa BCPST, ces épreuves n’ont pas de difficultés particulières en elles-mêmes sur le fond, étant donné qu’elles portent sur des notions scientifiques qui ont été largement étudiées, voire dépassées, dans leur parcours prépa. Le principal effort consiste plus à maîtriser le vocabulaire scientifique en espagnol pour comprendre et répondre aux sujets plutôt qu’à une remise à niveau académique sur des notions scientifiques.

Une arrivée en Espagne semée d’embûches

Bien que les cours universitaires s’avèrent accessibles, l’arrivée sur le territoire espagnol est plus difficile au niveau personnel. Quitter sa famille, s’installer dans un pays étranger et sans connaissances en Espagne représente un choc que n’avait pas anticipé Capucine. La barrière de la langue accentue ce sentiment d’isolement, d’autant que le catalan est utilisé pour des interactions quotidiennes. Capucine a souvent eu la surprise, alors qu’elle s’adressait en castillan à ses interlocuteurs, de se voir répondre en catalan. « On dit que le catalan est un mélange de français et d’espagnol, mais au début c’est surtout un mélange incompréhensible. »

Les cours : entre répétition rassurante et nouveautés stimulantes

Au cours de la première année, le cursus se compose majoritairement de disciplines générales : mathématiques, physique-chimie, biologie… Certains cours deviennent très répétitifs étant donné que les sujets abordés sont déjà bien maîtrisés après la prépa. Cependant, Capucine considère également qu’il s’agit d’un atout non négligeable : ces remises à niveau permettent de consolider les fondations dans une langue étrangère et de s’adapter progressivement au rythme et aux exigences de l’université espagnole, sans être submergée par des notions entièrement inédites.

Toutefois, l’année ne se limite pas à des révisions : des sujets plus du domaine vétérinaire émergent, tels que la morphologie animale, introduisant un aspect nouveau et captivant l’apprentissage.

Les méthodes d’évaluation varient aussi par rapport à ce que les étudiants français ont l’habitude de connaître. Il est fréquent de rencontrer des QCM avec des points négatifs et peuvent être déconcertants au premier abord : il est important de calibrer son audace et de ne pas improviser dans ses réponses sinon cela peut faire très mal. Toutefois, l’adaptation se réalise rapidement, surtout que certaines disciplines offrent aussi des questions écrites et des épreuves orales, ce qui permet de diversifier les formats et de mettre en valeur diverses sortes d’aptitudes.

Intégration : trouver sa place entre Français et Espagnols

Cette première année, l’intégration sociale a constitué l’un des défis les plus délicats. Cette université compte peu d’étudiants français, ce qui engendre immédiatement un sentiment d’isolement. Cependant, cette situation présente également des aspects positifs : la communauté française est unie et solidaire, où le soutien mutuel est instinctif et précieux. Cette garantie offre aussi un sentiment de confiance qui permet d’aborder les étudiants espagnols sans la pression d’être totalement seule devant l’inconnu.

Concernant le logement, Capucine partage un appartement avec cinq colocataires espagnoles. La cohabitation n’a pas toujours été évidente au départ : les habitudes de vie, les horaires, le rythme du quotidien : tout était différent du sien. Mais avec le temps, les relations se sont harmonisées et Capucine s’entend aujourd’hui très bien avec elles. Une belle leçon d’adaptation interculturelle.

Son message aux futurs étudiants

Capucine conclut son témoignage avec un message simple, sincère et encourageant : « Il faut s’accrocher » Partir à l’étranger n’est pas une décision anodine. S’éloigner de sa famille, de ses amis, de ses repères, c’est une épreuve en soi. Et les études vétérinaires, avec leur intensité et leur niveau d’exigence, ne facilitent pas les choses. Mais Capucine en est convaincue : les difficultés du début ne sont que passagères. Avec de la persévérance, de la patience et un peu de temps, tout finit par se mettre en place. Et l’aventure, elle, n’en vaut que plus la peine.

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